Les plans de l’architecte
Nos dessins pour le permis portaient un avertissement : pas pour construire. Nous en avons donc fait faire d’autres.
Par Marc 3 min de lecture

Du permis à la construction
Chaque feuille de nos dessins pour le permis porte la même mention, en majuscules : ces plans ne servent qu’à la demande de permis, ce ne sont pas des plans d’exécution et ils ne peuvent pas servir à construire.
Ce n’est pas un détail en petits caractères. C’est ainsi que fonctionne l’urbanisme en France. Les dessins du permis de construire concernent surtout l’extérieur : l’emprise sur le terrain, les hauteurs, la toiture, l’aspect du chalet vu depuis le chemin. La mairie s’y intéresse de près. Elle se soucie beaucoup moins de l’endroit où l’on met la salle de bains.
Avec le permis en poche, la tâche suivante était donc l’intérieur : arrêter les pièces et obtenir de vrais plans qu’un constructeur pourrait réellement utiliser.
Un plan français, une famille britannique
Les plans d’origine avaient été dessinés selon un cahier des charges français. Le signe qui ne trompe pas : les toilettes, séparées des salles de bains, dans leurs propres petites pièces. C’est très français (et cela demande quelques explications à une famille britannique qui fait la queue le matin).
À ce stade, nous avons donc fait appel à Robbie Callow, d’Alpine Eco, un architecte anglais installé en France, avec à son actif plusieurs bâtiments dans la région.
Ensemble, nous avons retravaillé les plans des étages en fonction de la manière dont une famille utilise réellement un chalet :
- 3 chambres, 1 chambre avec lits superposés et 3 salles de bains aux étages
- un local à skis, pour que bottes et affaires mouillées restent près de la porte
- un local technique pour le chauffage et l’eau chaude
- une annexe indépendante avec sa propre cuisine, sa salle de bains et sa chambre, une salle de cinéma (qui pourrait aussi être une chambre) et le garage au rez-de-chaussée, encastré dans la pente
L’emprise est restée exactement celle que le permis autorisait. Tout ce qui se trouvait à l’intérieur, nous pouvions l’agencer.



Pendant ce temps, les constructeurs
Pendant que les plans prenaient forme, nous avons commencé à parler aux constructeurs locaux. Nous avons visité beaucoup de chalets pour juger de la qualité de leur travail, et nous avons commencé à rassembler des devis.
Nous savions que ce ne serait pas un projet bon marché. Malgré cela, certains devis étaient astronomiques, et l’écart entre eux était stupéfiant. Cet écart, et ce que nous avons appris de ceux qui avaient bâti les chalets que nous avons visités, ont décidé de la façon dont le Chalet Miage serait construit. C’est l’objet du chapitre suivant.
Un peu de contexte
Peut-on construire à partir des dessins du permis de construire en France ?
Non. Les dessins déposés pour un permis de construire montrent l’extérieur, l’emprise et les hauteurs, et les nôtres portaient la mention « pas pour la construction ». Il faut des plans détaillés distincts avant de commencer les travaux.
Pourquoi les maisons françaises ont-elles des toilettes séparées ?
C’est une préférence d’agencement de longue date : des toilettes dans leur propre petite pièce, à l’écart de la salle de bains. Beaucoup d’acheteurs britanniques remanient les plans pour remettre les toilettes dans les salles de bains, comme nous.
Peut-on modifier l’intérieur d’un chalet sans nouveau permis de construire ?
En général, le permis concerne l’extérieur, et réorganiser les pièces à l’intérieur de l’emprise autorisée est donc là où l’on a de la liberté. Tout ce qui modifie la surface, l’emprise ou l’extérieur peut nécessiter une autorisation : vérifiez avec votre architecte.
Comment juger le travail d’un constructeur dans les Alpes ?
Visitez des chalets qu’il a construits et interrogez les propriétaires. Nous avons trouvé des gens très heureux de nous dire qui avait construit leur chalet, et qui éviter.
