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La construction · Chapitre 09

Terrassement et béton : construire dans la pente

Nous avons acheté un terrain déjà creusé. Il s’est avéré que le trou venait avec sa propre liste de choses à faire.

Par Marc 5 min de lecture

Une bétonnière

Le terrassement

Nous n’étions pas là quand les engins sont arrivés en avril 2025. L’essentiel de ce que nous savons de cette étape vient de trois choses : une étude de sol, un devis d’entreprise de quatre pages et beaucoup de photos.

Cela semble juste. Le terrassement est la partie de la construction d’un chalet en pente que personne ne vient voir. C’est aussi celle sur laquelle tout le reste repose.

Une longueur d’avance, avec un revers

Quand nous avons acheté le terrain, le vendeur avait déjà creusé le trou. La pente ici descend d’environ 30 % avec un espace creusé là où le chalet s’installerait, à environ trois mètres cinquante dans la colline.

Notre trou dans le sol

Cela nous a paru un cadeau. L’étude de sol était moins sentimentale. Les talus avaient été coupés presque à la verticale, dans un sol qui n’aime pas tenir à la verticale, et l’ingénieur décrivait le site comme visiblement instable en l’état, avec un avertissement clair sur le risque de glissement des talus.

Cette longueur d’avance venait donc avec une liste de choses à faire. Les talus devaient être reculés jusqu’à un angle plus sûr et maintenus en place avant de pouvoir construire quoi que ce soit. Et comme nous avions modifié le projet après l’achat (voir le chapitre sur le permis), le trou devait aussi s’agrandir un peu.

Si vous regardez un terrain vendu comme « déjà excavé », voilà ce qu’il faut demander : dans quel état sont les talus, pas seulement combien de terrassement a été fait.

Ce qu’il y a sous le chalet

En août 2024, un ingénieur est venu tester le sol. La méthode est merveilleusement rudimentaire. On enfonce une tige d’acier à coups de masse dans la terre, et l’on compte combien de coups il faut pour la faire descendre de 20 centimètres. Ils l’ont fait deux fois. Une tige s’est arrêtée net à 2,8 mètres sur un bloc. L’autre est descendue jusqu’à 4,4 mètres.

Ce qu’il y a là-dessous, c’est de la moraine, les gravats qu’un glacier laisse en reculant. Sous environ 40 centimètres de terre végétale meuble, c’est un mélange compact d’argile, de limon et de pierres, avec des blocs de quelques dizaines de centimètres à plus d’un mètre (ce qui explique la tige).

Il n’y avait pas d’eau dans les deux sondages ce jour-là. Mais l’étude était claire : en montagne, l’eau finit par arriver de toute façon, un peu à la fois, de temps en temps, depuis la pente au-dessus. Elle nous rappelait aussi que Saint-Gervais est en zone de sismicité 4, un risque moyen sur l’échelle française de un à cinq, et que la structure doit donc être conçue pour résister aux séismes.

Les recommandations étaient précises :

  • des fondations en semelles filantes ancrées d’au moins 30 centimètres dans la moraine compacte
  • une protection contre le gel à au moins un mètre sous le niveau fini du sol
  • aucune réutilisation de la terre extraite comme remblai
  • étanchéité et drainage sur chaque mur enterré

Du béton là où il le faut

Nous avons écrit pourquoi nous avons choisi des panneaux isolants structurels plutôt qu’un chalet en béton. Sous terre, il n’y a pas de débat. La terre pousse, l’eau s’infiltre, et un mur qui retient une colline doit être en béton armé.

Tout le rez-de-chaussée est donc en béton : l’appartement, la salle de cinéma, le local technique, le pied de l’escalier et le garage. Tout ce qui est au-dessus est en SIP.

Du béton coulé pour ce qui sera un jour l’appartement

Le devis donne une idée de l’ampleur. Il prévoyait :

  • plus de sept tonnes d’armatures en acier (pour une maison que la plupart des gens imagineront en bois)
  • une grue sur le chantier pendant un mois
  • plus de 200 mètres carrés de murs en béton
  • une dalle au sol d’environ 110 mètres carrés sur un lit de gravier
  • un plancher en béton au-dessus pour accueillir les étages et le balcon
  • 600 mètres cubes de remblai neuf apportés, car on ne peut pas simplement remettre ce que l’on a creusé
Grue et pelleteuse sur le chantier

La surface

Le dernier travail était le plus précis. Le haut des murs en béton a été arasé parfaitement de niveau (le devis parle d’« arase soignée »), parce que les panneaux SIP se posent directement dessus. Des panneaux fabriqués en usine au millimètre ont besoin d’une base tout aussi juste.

Du drame ? Il n’y en a pas eu. Pas de retard, pas de mauvaise surprise, et tout s’est déroulé comme prévu. Après les mises en garde de l’étude, nous prenons volontiers une histoire ennuyeuse.

Et le budget ? Ce fut la première des nombreuses grosses dépenses. Pour un trou que nous croyions déjà creusé, environ 63 000 € sont partis dans des travaux de terrassement et de fondations que personne ne verra jamais. Obtenir un premier étage et une surface sur laquelle bâtir la construction SIP au-dessus est revenu à environ 76 000 €.

Questions fréquentes

Un peu de contexte

Pourquoi les chalets en pente ont-ils un rez-de-chaussée en béton ?

Parce que les murs enterrés doivent retenir la colline et empêcher l’eau d’entrer, et que le béton armé fait les deux de façon fiable. Au-dessus du sol, des systèmes plus légers comme le SIP ou l’ossature bois peuvent prendre le relais, ce que nous avons fait.

Vaut-il la peine d’acheter un terrain déjà excavé ?

Cela peut épargner beaucoup de terrassement, mais vérifiez d’abord les talus. Les nôtres avaient été coupés presque à la verticale, et l’étude de sol les a signalés comme instables : ils ont dû être reculés et sécurisés avant de pouvoir construire.

Qu’est-ce qu’une étude de sol G2 en France ?

C’est une étude géotechnique de conception réalisée selon la norme française NF P94-500. Un ingénieur teste le terrain et recommande le type et la profondeur des fondations, la manière de traiter les pentes et de drainer et d’étanchéifier tout ce qui est enterré. Ceci est notre expérience, pas un conseil.

Comment éviter l’humidité dans une pièce à moitié enterrée ?

On étanchéifie l’extérieur des murs enterrés, on ajoute une couche drainante pour que l’eau descende au lieu de rester contre eux, et on l’évacue par un drain périphérique dans du gravier propre. Le nôtre comporte une membrane soudée à chaud, un isolant, une plaque de drainage et un drain de 160 mm tout autour du bâtiment.

Saint-Gervais est-il en zone sismique ?

Oui. La commune est en zone de sismicité 4 (moyenne) sur l’échelle française de cinq niveaux, et les bâtiments neufs doivent donc respecter les règles de construction parasismique.

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